Un toît pas sans toi

Qui sommes nous ?

Mardi 11 juin 2013. Elios, Corentin, Nathalie, Patricia, Pascal, Pauline et d'autres sont des habitants de Saint-Jean-Bonnefonds. Tôt le matin, ils se sont donnés rendez-vous devant l'immeuble de la rue Pierre Bachelet. Ils brandissent chacun la même pancarte : « Un toit, un droit ». Ils sont venus exprimer leur indignation et leur soutien à Suada, Sami et leurs enfants qui devront quitter dans la matinée le logement dans lequel cette famille originaire du Kosovo est logée depuis plus de 2 ans. La raison : Leur demande d'asile a été déboutée. La préfecture les lâche. Si rien d'autre ne se passe, cette famille se retrouvera à la rue après 3 ans et demi de présence en France.

Mais la dizaine de personnes présentes depuis plusieurs heures encouragées par les habitants de l'immeuble en décident autrement. Ils organisent un rassemblement le vendredi 14 juin à 18h sous le kiosque de la place de la commune. Ce jour là, 80 personnes se retrouvent pour un goûter solidaire. C'est la naissance à Saint-Jean-Bonnefonds de l'association « Un toit pas sans toi ».

Un mois plus tard, alors qu'une saint-jeandaire partage sa maison pour héberger la famille le temps des vacances, l'association se structure, un appartement est trouvé et plus de 70 parrainages sont prêts à assurer la première année de loyer.

« Un toit pas sans toi », un nom qui n'a pas été choisi au hasard, un nom qui appelle à la solidarité citoyenne, un défi pour que des familles déboutées du droit d'asile ou roms ne dorment pas une seule nuit dans la rue, que leurs enfants continuent d'aller à l'école et que les parents puissent jour après jour reconstruire une vie plus sereine.

Un toit pour manger, dormir, un toit pour faire ses devoirs et jouer, un toit pour souffler ses bougies, un toit pour accueillir, un toit pour penser à l'avenir, un toit mais pas sans toi, toi le parent d'élève, la voisine, le copain de classe, la prof de collège, le militant, toi la retraitée, l'instit, l'élu, le réseau d'amis, on compte sur toi pour le comité de parrainage, pour payer le loyer de l'appartement loué par l'association et aider la famille dans ses démarches de régularisation et d'insertion.

Janvier 2014, devant l'entrée d'une école à La Talaudière, plusieurs parents s'inquiètent de l'avenir d'une famille d'origine arménienne hébergée au CADA de la Tour en Jarez dont la demande de droit d'asile vient d'être également déboutée. « On ne peut rester sans rien faire » . Le bouche à oreille fait naître l'action solidaire. Des contacts sont pris avec « Un toit pas sans toi » et le deuxième comité de parrainage naît, permettant rapidement de proposer un hébergement à la famille.

Novembre 2014, des familles Roms squattent un bâtiment vide à La Talaudière. Des habitants de la commune vont à leur rencontre, leur apportent du matériel pour faire à manger et dormir mais quand vient l'expulsion, la même question se pose : « Que faut-il faire ? ». Naît alors le troisième comité de parrainage autour d'une des familles.

Quelques mois plus tard, c'est à La Tour en Jarez et au collège Marc Seguin que démarre le quatrième autour d'une famille tchétchène, le cinquième à Sorbiers, le sixième pour une famille géorgienne, le septième pour une famille du Congo, le huitième dans le quartier du Soleil en septembre 2016, et le neuvième autour d'un famille Roms en décembre dernier.

« Un toit pas sans toi », c'est aujourd'hui prés de 450 personnes ou familles qui renouvellent chaque année leurs parrainages pour loger 9 familles déboutées du droit d'asile ou roms avec le projet de le faire jusqu'à leur régularisation et leur insertion.

Magnifique preuve de solidarité et d'accueil à un moment où partout dans le Monde et même tout près de chez nous, la peur de l'étranger, du migrant se fait sentir, où des frontières réapparaissent et des murs se construisent.

Par ses actes de citoyens du Monde, « Un toit pas sans toi » veut montrer qu'une autre façon de vivre est possible. C'est un combat de chaque jour. Pour cela, elle veut réussir ce pari dans la durée. Elle appelle de nouveaux parrainages. Elle se rend visible dans et par des événements locaux, vide greniers, soirées spectacles, forums des associations, soirées festives mais elle veut aussi signifier aux pouvoirs publics par des courriers au Préfet, ou par la participation à des rassemblements la situation inquiétante des demandeurs d'asile, des déboutés et des roms.

Elios, Corentin, Nathalie, Patricia, Pascal, Pauline et les autres ne s'attendaient certainement pas que leur action du 11 juin 2013 était l'événement fondateur d'une formidable aventure.

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2, rue de l’égalité
42650 Saint-Jean-Bonnefonds
Tel : 04 77 95 20 57